21 6 MINISTRES ETRANGERS
Je n’ai donc à parler ici que des ministresde France, d’Autriche, d’Angleterre, de Saxe et de Russie . En les rangeant dans l’ordre oùje viens de les.nommer, il est bien évident queje n’ai eu aucun égard à l’ordre des préséan-ces : je place les ministres de France les pre-miers , parcequ’ils m’ont plus spécialementintéressé que les autres; et je place l’article deRussie le dernier, parcequ’il est le plus richeen détails, et le plus volumineux. Si je l’avais
>. pour l’homme faible entouré d’hommes forts, c’est de se» souvenir que lui-même a été fort autrefois. La sagesse» dont vous parlez, monsieur, nous commandeimpérieu-» semènt d’oublier le passé, et de nous conduire de ma-» nière que personne, s’il est possible, ne se souvienne» que nous avons existé. Ce que nous demandons à» l’Europe entière, c’est de vouloir bien nous oublier. »Cette réponse me frappa singulièrement, et me fit biensentir quel était le véritable esprit du gouvernement decelte fameuse république, qu’on n’a pourtant pas oubliée.J’accompagnai cet amiral lorsqu’il alla visiter l’arsenalde Berlin : je vis dans ses regards, et j’admirai commenten marchant assez vite il comptait en lui-même combienil y avait de piles d’armes, et combien chaque pile con-tenait de lignes en hauteur, et de fusils en chaque ligne,de manière à pouvoir dire, en sortant, et sans avoir parusensiblement s’en occuper :« Il y a ici cent"cinquante mille» fusils, et le reste en proportion. »