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produit, il fit mander tous les officiers chezlui pour le lendemain à midi. Lorsqu’ils furentrassemblés dans son salon , il sortit de soncabinet, accompagné d’un secrétaire, auquel il'ordonna de lire les ordres écrits qu’il avaitreçus du roi. Jamais colonel n’avait été investid’un aussi grand pouvoir : le roi l’autorisait àrenvoyer du corps jusqu’à douze officiers, etplus s’il le fallait, sans avoir besoin d’attendreaucune sorte d’approbation. Cette lecture ter-minée, M. de Souastre commenta, avec les grâ-ces et la dignité qui le distinguaient, ces ordressi étendus et cependant si précis : il déclara quepersonne n’avait un plus grand respect que luipour le régiment de Navarre ; qu’il n’avait ac-cepté l’honneur de le commander que pour sedévouer à en maintenir la gloire dans tout sonlustre; qu’il était bien assuré que tous ceuxqui l’entendaient étaient pénétrés des mêmessentiments et du même zèle; que sans doutes’il se trouvait quelqu’un qui s’en écartât, ilremplirait à son égard l’intention du roi danssa plus inflexible sévérité; mais qu’il était per-suadé qu’il n’avait point ce malheur à crain-dre; que, dans cette confiance, il leur deman-dait leur amitié; qu’il ferait pour l’obtenir tout
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