Band 
Tome troisième.
Seite
256
JPEG-Download
 

256 MINISTRES ÉTRANGERS

que prussien voulait livrer une bataille, danslaquelle, selon ses calculs, il aurait eu trentemille hommes à sacrifier pour forcer le camp del’empereur et en détruire l’armée, et où le ba-ron de Ilersberg , cherchant à l’en détourner,écrivait au roi que la Russie et la France fe-raient marcher chacune une armée contre l’em-pereur si celui-ci n’admettait pas les conditionsconvenues entre sa majesté et ces deux cours,Frédéric, toujours méfiant, répondit : «Je le«croirai si le marquis de Pons en répond«d’une manière positive. » Et sur ce que Hers-berg répliqua qu’il en avait eu la déclarationformelle du marquis : « Hé bien, dit Frédéric,je ne donnerai point la bataille. » Depuis cetteépoque, M. de Pons fut, à Berlin , le membre ducorps diplomatique le plus considéré, comme ilavait toujours été l’un des plus estimés.

Après la paix de Teschen , M. de Pons eutà acheter trois à quatre mille chevaux que Fré-déric réformait, et qu’il nous vendit. Mais lesofficiers de cavalerie chargés de recevoir cette re-monte se laissèrent tromper, et ramenèrent deschevaux non de réforme, mais de rebut: à peineput-on en employer le tiers; le reste fut donnépour rien dans nos foires et dans nos marchés.