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Tome troisième.
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264 MINISTRES ÉTRANGERS

confié ses épargnes, qui pouvaient monter àdeux mille écus , et par malheur un certainjuif lui avait aussi fait quelques avances. Noël fit tout ce qu’il put pour le sauver : il remit desmémoires au roi ; il alla jusqu’à prier sa ma-jesté de vouloir bien l’entendre, et jusqu’à luiprotester qu’on la trompait indignement danscette occasion. Frédéric, séduit par son mi-nistre, dupé lui-même par ses employés, serefusa à toute lumière, décida que cet hommeétait un fripon, persifla Noël sur l’argent qu’ilavait si mal placé, et ne voulut plus en en-tendre parler. Humblot, qui ne logeait pas loinde la prison , vint trouver le prisonnier, et luidit : « Vous m’avez perdu les épargnes de» plusieurs années, le fruit de mes sueurs et la» seule ressource de ma femme et de mes en-» fants ; mais ce n’est pas de votre faute, et«vous êtes encore plus à plaindre que moi.» Vous me rendrez mon argent dans la suite,» si vous le pouvez; en attendant, je viens vous«offrir de partager mon souper avec vous : je» le ferai apporter ici tous les soirs, et je vous» tiendrai compagnie une heure ou deux ; il«me suffira de dîner avec ma femme et mes«enfants, et je n’aurai de regret que sur la