A LA COUR l)E BERLIN. 279
» pouvoir l’assurer moi-même de tous mes sen-» timeuts pour lui. » Le général alla donc àPotsdam ; et ce fut en lui prodiguant toutes lesmarques possibles d’intérêt, d’estime et d’at-tachement , que le roi le reçut. Quand il futde retour à Berlin , il ne pouvait parler desbontés de sa majesté que les larmes aux yeux.
La légation de Vienne fut ensuite occupéepar Vanswieten , fils du premier médecin,et bibliothécaire de l’impératrice-reine. C’é-tait un assez petit homme , en qui l’on aper-cevait plus d’esprit et d’aisance que de no-blesse. Il voulut voir les académiciens, et ilcommença par en inviter neuf ou dix à dinerchez lui. Durant ce dîner, on parla beaucoupdes tours de Cornus : il nous dit qu’étant àParis , il avait acheté, de Cornus lui-même, lesecret des plus remarquables, et nous promitde nous les montrer et de nous les expliqueraprès dîner. Il tint parole ; et dès qu’on eutpris le café, il nous fit plusieurs tours de carteset autres avec une dextérité qui prouvait com-bien il avait du donner de soin à cette sorted’amusement. M. Formey ne put en ce mo-ment résister à son mauvais génie ; commeMérian, quelques autres et moi, nous faisions