020 MINISTRES ÉTRANGERS
anecdote sur son compte, que celle de made-moiselle Quinson, sa maîtresse. Un histrion,fort mauvais sujet, nommé Saint-Huberty,avait amené de France à Berlin quatre jeunespersonnes qu’il plaça, à beaux deniers comp-tants, l’une chez l’envoyé de Bavière , une se-conde chez M. de Goltz, officier dans les gen-darmes , et frère de celui qui était ministre àParis ; et la troisième, mademoiselle Quin-son, chez M. Harris. Quant à la quatrième,qui était la plus laide, mais qui annonçaitdéjà les talents qui depuis l’ont rendue célèbre,Saint-Huberty en fit sa femme. M. Harris plaçamademoiselle Quinson dans un joli apparte-ment où elle ne reçut jamais que ceux que lui-même y amenait. Elle se conduisit si bien que,lorsqu’il obtint un congé à la suite duquel ilfut nommé à l’ambassade de Hollande, il luioffrit une pension, si elle ne consentait pas àse retirer dans un couvent sur les bords duRhin , où elle vivrait en attendant qu’il sût cequ’il deviendrait, sauf à reprendre la pensions’il restait en Angleterre, et à se réunir à luis’il revenait sur le continent. La belle préférale second parti, d’où l’on peut présumer qu’ilsse sont effectivement rejoints.