7)22 MINISTRES- ETRANGERS
de sottises par ce malotru, et traité de mauvais
joueur.
Je demandai un jour à M. Sulzer ce qu’ilpensait de ce Minette : « C’est, me répondit-il,»le plus malheureux des hommes. Il est exces-» sivement riche, et n’a que de la morgue , de«l’insolence, de la grossièreté, et des caprices» où l’on ne trouve pas l’ombre du sens com-»mun. Un seul mot peint son malheur: c’est» qu’il n’a aucun plaisir à faire du bien , lui qui«pourrait soulager tant d’infortunés. U est» blasé sur tout; il ne lui reste plus d’autre ac-tivité que celle qui lui vient de son extrava-» gante originalité, et de la vanité la plus sotte» qu’il y ait au monde. »
Je le rencontrai chez le chevalier Mitchel,chez la comtesse- Scorcewska , chez M. Sulzer,et ailleurs. U me fit des avances auxquelles jene répondis jamais. Un jour, chez M. de Cas-tillon le père, il m’invita à dîner pour le jourque je voudrais. « M. Minette, lui répondis-se, je ne puis avoir cet honneur-là. —Et» pourquoi donc, puisque je vous laisse maître«du jour? — C’est que je suis engagé. « Cetteréplique produisit l’effet que je voulais ; elle ledécontenança, et me délivra dés poursuites de