028 MINISTRES ÉTRANGERS
»le déficit. De quel œil pensez-vous que la» postérité présente cette comparaison ? »
Il était facile de répondre à la princessed’Achkoff : mais attaquer, à la table de l’en-voyé de Russie auquel j’étais si justement at-taché , un parallèle dans lequel l’impératricejouait un si grand rôle, était impossible. Jecausai donc avec mes voisins, pour paraîtrecesser d’écouter cette indécente sortie ; mais jene causai que' de cette princesse, assez hautpour être entendu d’elle, répétant avec affec-tation les mots de Pierre ///et de mouchoirs ',et finissant par l’embarrasser par mes regardset par mon sourire.
La santé du baron de Stutterheim s’altérasensiblement. Les sables du Brandebourg nelui valaient pas mieux qu’àmoi et à beaucoupd’autres. Il eut des obstructions et fut menacéde mélancolie. Ainsi il demanda et obtint sonrappel, et il s’en retourna à Dresden , où il futnommé ministre des affaires étrangères, qu’il aconduites durant un assez grand nombre d’an-nées , c’est-à-dire jusqu’à sa mort.
1 Le bruit, non fondé, que Pierre III avait été étrangléavec le mouchoir de la princesse d’Achkoff, était alorstrès répandu et en quelque sorte accrédité.