548 MINISTRES ÉTRANGERS
tions particulières, où l’on n’oublia pas detaxer le prince pour une bonne part, je metrouvai en état de mettre nos jeunes gensen route. Je leur procurai une voiture delouage jusqu’à Dantzik, et leur donnai parécrit les instructions nécessaires pour se ren-dre de là à Pétersbourg. Au moment de partir,ils se ressouvinrent que, par malheur, ce jour-là était le premier vendredi du mois. Or, semettre en route ce même jour parut aux deuxdemoiselles un signe évident qu’il leur arri-verait de fâcheux accidents. J’eus beau les plai-santer sur cette frayeur, je ne pus les rassu-rer, et j’eus peine à les vaincre. Cette misé-rable superstition n’eut pas l’influence queles âmes faibles imaginent, car leur voyagefut très heureux ; et j’ai appris depuis qu’ilsavaient été placés tous les trois , et que labelle demoiselle avait épousé un négociantsuisse assez riche pour lui procurer uneagréable aisance.
En me proposant de parler de ceux quientouraient le prince, je ne dirai qu’un motde ses secrétaires : l’un d’eux, nommé Bérézin,était cousin germain de Potemkin, dont il m’aconté toute l’histoire. On me saura gré, je