56o MINISTRES ÉTRANGERS
pendant, j’espère que l’on me saura gré deconsigner dans ces Souvenirs ce qui est venuà ma connaissance au sujet des Orlow. Ce quej’ai à en dire se réduit à trois points: i° leurfamille ; 2 ° la part qu’ils ont eue à la mort dePierre III ; et 3° le caractère particulier de celuiqu’on nommait le Balafré. Mais je crois devoirauparavant rapporter, sur Catherine II , deuxanecdotes qui. me semblent aussi piquantesqu’elles sont peu connues.
On sait que cette princesse est née et a étéélevée à Custrin , où son père , général au ser-vice de Prusse, était gouverneur. Madame labaronne de Printzen , qui, étant demoiselle ,avait été dame d’honneur à cette petite cour,m’a parlé plusieurs fois et des parents, et de lafille , qui certes ne songeait guère qu’elle dûtêtre un jour la souveraine d’un grand empire.« Je l’ai vue naître, me disait-elle; j’ai vu» comment on l’élevait ; j’ai été témoin de ses» études et de ses progrès ; j’ai aidé moi-même» à emballer son trousseau lorsqu’elle est partie» pour la Russie . Elle avait assez de confiance» en moi, pour que je pusse me flatter de la» connaître mieux que personne ; eh bien ! je* n’aurais jamais deviné qu’elle dût mériter la