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°nt couru la même carrière que lui, nul peut-être n’a montré un génie plus heureux, pluslucide, plus facile et plus fécond. Il a fait faireaux mathématiques des pas • de géant ; et sesimmenses travaux ne lui coûtaient rien : c’estau milieu de sa famille, et du bruit que des en-fants peuvent faire ; c’est en jouant lui-mêmeavec celui qu’il prenait sur ses genoux, étayanthabituellement un gros chat angora monté surson épaule, qu’il a composé quelques uns deces mémoires que l’Europe a admirés et admi-rera toujours. Son caractère moral rehaussaitencore ses talents : ce grand mathématicienétait simple et naïf, toujours naturel, doux,honnête et même gai, de cette gaieté qui naîtdu bon esprit et de la bonne conscience : ilétait tout à la fois homme plaisant et bonhomme. Mais en lui rendant cette justice, jene veux ni ne dois dissimuler ses faiblesses;il eut des préjugés : on vient de voir clansquelle faute M. de Jarriges l’avait entraîné,et je suis convaincu qu’il n’a été si sensible àla phrase du roi, sur le calcul des courbes,que parcequ’il sentait, d’une part, que per-sonne n’était moralement plus éloigné de mé-riter de pareils sarcasmes que lui, et de l’autre