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pût le rappeler. Son âme ardente, son carac-tère exagéré et violent, son esprit inquiet etfougueux , le précipitaient sans cesse vers lesidées qui s’offraient à lui, pour les tourmen-ter , sans jamais les agrandir. Dans les sociétésoù allait cet Aristarque , personne à la fin n’o-sait plus parler. A la moindre négligence con-tre la langue , on l’entendait se dire à lui-même: Je proteste contre , et ces protestationscoupaient la parole à tout le monde. Il entre-prit un journal critique sous le titre de Pré-servatif contre la corruption de la langue fran-çaise ; un nommé M. Mauvillon , maître delangue en Allemagne , avait fait un ouvrage endeux volumes fort épais, sous le même titre.Mauvillon avait vu toute l’étendue de sa ma-tière , et avait fait un livre estimé : Prémontvaln’eut que M. Formey en vue, et ne fit qu’unesatire. Il poursuivit sa victime avec si peu deménagement, que le chancelier et le fiscal-gé-néral défendirent de continuer l’impression dece journal ; et M. Prémontval voulant encorepublier un septième ou huitième numéro, futobligé de le faire graver , ce qui lui coûtatrop cher pour qu’il eût le courage d’aller plusloin. C’est dans ces numéros que l’on retrouve