J 36 académie royale.
quitter Berlin , je me gardai bien de demanderun congé absolu , ce qui m’aurait exposé àplusieurs désagréments ou embarras : je nedemandai qu’un congé de quatre mois , sous leprétexte de quelques affaires de famille à ré-gler. On conçoit que dès lors je n’eus, hors dema famille, aucun confident, même parmi mesamis les plus intimes. J’avais à peine quitté Ber-lin que M. de N. écrivit au roi qu’il était évidentque je ne reviendrais pas ; que de cette sortema place était vacante , et qu’il la demandait àsa majesté. J’étais à Magdebourg , et loin encoredes frontières prussiennes, quand Frédéric reçutcette lettre, dans laquelle il vit une prétentiond’une part, et de l’autre une délation , qui leblessèrent également : aussi sa réponse fut-ellecourte et sèche. « J’ignore, lui dit-il, si mon» professeurThiébault reviendra ou non ; mais«s’il ne revient pas, ce ne sera point à vous que» je donnerai sa place. » En arrivant à Paris , jetrouvai la lettre qui m’instruisait de ces détails.