138
INSTRUCTION
deux pensions assez modiques , fut atteinte, dèssa naissance, d’une maladie de langueur, dontelle était loin d etre guérie lorsque je quittai laPrusse. Au reste, il est aisé de concevoir quece roi devait être moins frappé de l’utilité dese créer une pépinière d’artistes, que de cellede porter ses sujets à s’instruire et à méditer.Lorsque, dans sa jeunesse, il donnait en sigrand secret presque tout son temps à l’étude,sans doute il n’était mû d’abord que par l’ac-tivité de son génie et le besoin de savoir : ilvoulait acquérir des connaissances qui le dis-tinguassent entre les rois, comme sa naissancele distinguait entre les autres hommes; mais,doué d’un esprit aussi pénétrant et aussi pro-fond, pouvait-il ne pas sentir que son ambi-tion et sa gloire exigeaient qu’il procurât à sessujets des moyens plus sûrs, plus rapides etplus faciles d’acquérir une instruction à la-quelle il avait si justement attaché un si grandprix ? Si des vues politiques l’ont entraîné versd’autres objets dans les premières années deson règne, il fallait que la trempe même deson esprit le ramenât à celui-ci. Aussi voyons-nous qu'après ses deux premières guerres ils’y est livré pour ne plus s’en distraire. Il mé-