LE CONSEILLER JORDAN. 225
Comme cet homme respectable 11e quittaitpresque jamais le roi, il n’est pas douteux qu’ilne fût habituellement des soupers de Sans-Souci. Je n’en rapporterai cependant qu’uneseule anecdocte. On parlait de la religion chré-tienne , et c’était à qui développerait de plusfortes objections contre la doctrine qu’on y pro-fesse , ou contre les faits et les preuves sur les-quels elle se fonde. Jordan écoutait avec atten-tion , mais ne disait rien. A la fin, le monarques’aperçut de ce silence et lui en fit la guerre.«Messieurs, dit - il aux autres convives, 11e» voyez-vous pas que Jordan se moque de nous?«Nous lui faisons pitié, et il ne nous croit pas«même dignes de participer à ses lumières.
” M. Jordan, nous savons que vous êtes très» habile théologien, et nous rendons toushom-'■mage à votre savoir éminent. Vous connais-» sez très bien les langues orientales ; vous avez«étudié et apprécié les plus célèbres docteurs;» mais ce ne sont pas là des raisons pour dédai-»gner de nous instruire. Nous ne sommes ici» que des ignorants; eh bien , monsieur, éclai-»rez-nous. Nous tombons dans des erreurs«graves, faites - nous - les connaître; nous rai-» sonnons mal, montrez-nous comment on doit