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Tome cinquième.
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23,8

AMIS DE FRÉDÉRIC:

«suis assuré : mais j’ai un domestique qui m’a» servi avec autant de zèle que de fidélité, et« j’avoue que j’ai un vrai regret de ne pouvoir« pas reconnaître ses bons services. J’ose le re-» commander, sire, à vos bontés. — Soyez cer-» tain, mon cher ami, que j’aurai soin de votre«domestique : j’en fais mon affaire, et je n’ou-« blierai pas vos enfants. »

Le roi, en sortant de la chambre de Jordan,avait l’air fort triste : il ne dit que deux mots ,qui, de même que sa physionomie, annoncè-rent soii peu d’espoir et son affliction. Le con-seiller Jordan expira dans la nuit. Son frère,Pierre Jordan, père de la digne et respectablemadame Bitaubé, vint le mçitin annoncer cettedouloureuse nouvelle à sa majesté, qui le fitentrer dans son cabinet. Pierre Jordan fut d’a-bord frappé de voir le portrait de son frèredans ce cabinet; et ce fut à cette vue, si propreà ranimer ses regrets, qu’il fut obligé de détail-ler toutes les circonstances de l’agonie et de lamort de son frère. Pendant ce récit, il vit plu-sieurs fois les yeux du roi se mouiller de lar-mes. A la fin , ils ne purent, ni l’un ni l’autre,résister à la vive affliction qu’ils éprouvaient,et les derniers détails furent comme étouffés