L E CONSEILLER JORDAN. 227
«Je vois bien, répondit Frédéric que vous» êtes dans une crise pénible : elle peut cepen-dant se terminer heureusement, et j’espère» encore qne demain vous serez mieux. Comme» toutefois les évènements ne sont pas toujours"conformes à nos voeux, je ne différerai pasdavantage à vous dire une chose qui me fait» une véritable peine : vous êtes mon plus sin-» cère ami, et je n’ai rien fait pour vous ; jamais> vous ne m’avez rien demandé ! Dites - moi» donc, pour ma propre consolation, ce que je» pourrais faire qui vous fût agréable, soit par» rapport à vos enfants, ou sous quelque autre» rapport que ce fût. — Sire, je n’ai pour en-«fants que deux filles encore bien jeunes, et»je n’ai guère à leur laisser que mon mobilier» et ma bibliothèque ; mais je ne vous demande» rien pour elles, parceque je suis sûr qu’elles» ne manqueront de rien. J’ai des parents qui,» s'ils n’ont pas une grande fortune, sont pour-tant dans l’aisance qui convient à leur état.»Or, mes parents ont tous des sentiments purs»et des qualités honnêtes, une sensibilité na-turelle, des vertus enfin qui sont bien supé-rieures à la fortune. Ils auront donc soin de» mes enfants, comme si c’étaient les leurs , j’en