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11’avait deviné juste que pour la taille, Formeryavait beaucoup plus d’embonpoint, et son ha-bit, juste pour lui, était ridiculement amplepour Voltaire. Cette difficulté non prévue nedéconcerta point le zèle du domestique, quipromit de faire promptement rentrer les cou-tures, sans d’ailleurs nuire à l’habit. Par mal-heur, il s’adressa à un tailleur qui n’y fit pastant de façon , et qui coupa tout ce qu’il yavait de trop. L’habit fut rapporté avant le sou-per, il alla fort bien, et le lendemain on le ren-dit à M. Fromery, en le remerciant beaucoup.Ce ne fut que quelques temps après, lorsquece marchand voulut s’en servir pour ses actesde religion, qu’il se convainquit qu’il ne pou-vait plus se servir pour communier de l’habitavec lequel Voltaire avait soupé.Il rit lui-mêmede cette aventure, et ne s’en plaignit point.Vingt ans après il conservait encore cet habitpar curiosité. Ceux qui ont voulu tirer de cettepetite histoire des conséquences défavorables àVoltaire n’ont pas dit, ce qui pourtant est vrai,que le domestique ayant eu soin de laisserignorer la faute du tailleur à sou maître, celui-ci lia eu aucune part au léger tort qui fut laità Fromery.