Band 
Tome cinquième.
Seite
284
JPEG-Download
 

AMIS DE FRÉDÉRIC:

2 $4

L’histoire du procès est, au fond, plus grave,et, dans le fait, plus amusante que celle del’habit. Voltaire eut quelques paiements à faireà Paris dans un moment où l’argent lui man-quait ; un juif lui donna des lettres de change,et prit un fort beau diamant en nantissement.Les lettres de change furent protestées : le juif fut obligé de les reprendre, et de rendre lediamant; mais M. de Voltaire s’aperçut que lediamant qu’on lui remettait était faux, et ilsoutint que c’était une friponnerie de la partdu juif. Celui-ci n’avait qu’un seul moyen dedéfense, c’était d’assurer que c’était bien lamême pierre qu’on lui avait donnée. On n’avaitaucun acte, aucun titre, qui pût faire preuvepour l’un ou pour l’autre : on ne pouvait doncque décider auquel des deux on déférerait leserment. M. le chancelier entreprit d’abord deménager un accommodement entre les deuxplaideurs : il les prêcha successivement, maisen vain. Quand ensuite on parla du serment àM. de Voltaire , il demanda sur quel livre on lelui ferait prêter; et lorsqu’on lui répondit quece serait sur la Bible : « Comment, s’écria-t-il,» sur ce livre écrit en si mauvais latin ! Si c’était» sur Homère ou Virgile , encore passe ! » Lors-