VOLTAIRE. 291
jure que l’on avait faite à la mémoire de Vol-taire , en défendant à l’académie française defaire célébrer pour cet homme de génie , quiavait tant illustré son siècle, le service funé-raire dont ce corps de savants avait coutumed’honorer tous ceux de ses membres que lamort lui enlevait. Dans la même lettre, le phi-losophe de Paris racontait comment l’acadé-mie, justement indignée, avait, par une dé-libération solennelle, arrêté qu’à l’avenir ellene ferait plus célébrer de ces sortes de servicespour aucun des membres qu’elle perdrait ; maisne jugeant pas que cela pût suffire, et se pré-valant de l’amitié que ce monarque avait tou-jours eue pour Voltaire , et de ce qu’il y avaitune église catholique à Berlin , il suppliait samajesté de faire célébrer dans cette église leservice qui n’avait pu avoir lieu à Paris , ob-servant combien cette manière de venger lamémoire d’un grand homme était digne d’ungrand roi, et combien les amis de la vraie phi-losophie en recevraient de consolation.
Frédéric, quels que fussent ses motifs secrets,résolut d’accéder aux désirs de d’Alembert, etm’écrivit en conséquence défaire célébrer, en1 honneur de feu M. de Voltaire , un service
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