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Tome cinquième.
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VOLTAIRE.

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taire. Cet homme pouvait d’autant moins pas-ser près de Ferney sans s’y arrêter, qu’il étaitadmirateur et enthousiaste de ce grand hommeau point de savoir, pour ainsi dire, ses ouvra-ges par cœur : il parcourut donc en observa-teur et le château et les jardins, si bien queM. de Voltaire voyant par ses fenêtres ce petitboiteux si attentif, fut curieux de savoir qui ilétait, et le fit appeler. « Monsieur, lui dit ce«vieillard, oserais-je vous demander qui vous» êtes ? — Je suis Dupuis, orfèvre de sa majesté» sarde. — Ah, monsieur, être orfèvre d’un roi,

» c’est une chose bien glorieuse ! — Il y aurait» bien plus de gloire, monsieur, à être l’orfè-«vre deM. de Voltaire.—Comment! # répliquaVoltaire , surpris et flatté de cette réponse,«est-ce que vous quitteriez un roi pour moi?

» — Avec joie! Je serais au comble de mes«vœux si je pouvais vous être agréable ! » Delà des propositions, et bientôt marché fait etconclu. Voltaire logea son orfèvre, en atten-dant qu’il lui eût fait bâtir une maison, et luipaya exactement la pension qu’il lui avait pro-mise. Dupuis débuta par fondre en or la têtede son protecteur sur environ un pouce dehauteur, et à la faire enchâsser dans un mé-