3l4 AMIS DE FRÉDÉRIC:
savantsdu premier ordre de son siècle, jusqu’auséjour de Voltaire auprès de Frédéric. Si Mau-pertuis avait eu un orgueil moins fier, moinsexclusif, moins indomptable, il aurait eu dejustes ménagements pour l’homme supérieurqui venait s’accoler à lui : ils auraient été heu-reux , s’ils avaient su être amis ; mais l’unétait trop despote, et l’autre trop peu en-durant. Maupertuis voulut dominer : Voltairelecrasa.
On conçoit d’ailleurs qu’avec un orgueil telque le sien, Maupertuis devait avoir, selon lescirconstances, des idées gigantesques qui prê-tèrent au ridicule, des prétentions exagéréesqui lui suscitèrent des querelles graves, et desvices qui le rendirent odieux. Celui qui se croitsupérieur aux autres manque trop souvent deprudence : celui qui veut que tout plie devantlui s’expose à être brisé lui-même. D’ailleurs,ces défauts dominants nous jettent dans des in-trigues qui emportent notre temps et nous dé-tournent de nos études : ainsi, le savant Mau-pertuis , devenu courtisan, ne fut plus occupéque de jactances et de petites cabales. De làle sort qui lui est réservé chez la postérité : onne le citera guère que pour sa mission en La-