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Tome cinquième.
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322 AMIS DE FRÉDÉRIC:

petite aventure : tout ce qu’on peut dire, c’estque la princesse était laide, et parente duroi. Aussi celui-ci exigea-t-il que son philo-sophe rentrât au service de cette prétendueamante, et la reconduisît jusque chez elle,pour ensuite revenir en Brandebourg. Toutse fit ainsi que la politique l’avait ordonné;et le marquis, après cette double course,vint loger à Berlin , dans une auberge, en at-tendant que son sort fût fixé. Le roi le reçuttrès amicalement : tous les jours il le faisait in-viter à venir dîner avec lui : la conversationétait agréable et vive : rien n’e'tait en apparenceplus flatteur et plus propre à satisfaire lesvœux ou l’ambition d’un Aristippe ; mais les se-maines s’écoulaient, et l’on ne parlait point deremplir les promesses d’après lesquelles cenouvel hôte avait quitté un poste, moins bril-lant sans doute, mais suffisant pour ses besoins.Etait-ce, chez Frédéric, oubli, épreuve, man-que d’égards, ou avarice ?

Notre Provençal, après avoir vainement dis-cuté ces questions, et vainement attendu pen-dant environ six semaines, perd enfin patience;et en rentrant chez lui un jour, immédiatementaprès le dîner, il envoie au roi un billet conçu