53o AMIS DE FRÉDÉRIC;
détruisit si parfaitement la calomnie, offrit siloyalement toutes les garanties que le marquispouvait désirer, et donna enfin des preuvessi sensibles de son innocence, qu’il fut bienconstaté que l’épigramme n’avait pour auteurque celui qui l’avait dénoncée. Mais la poli-tique, qui avait engagé Voltaire à prendre desvoies si obliques pour punir le marquis de s’êtredéclaré l’admirateur de Rousseau, engagea lemarquis à dissimuler aussi son ressentiment :il ne voulut point faire imprimer, comme Rous-seau l’y autorisait, la lettre qui l’avait détrompé.Frédéric fut instruit, dans la suite, de tous cesdétails et de cette rouerie littéraire.
L’époque où se manifesta le mieux le véri-table attachement du marquis pour le roi futcelle de la guerre de sept ans. Toutes les foisque l’on éprouvait quelque embarras, ou quel’on était à la veille d’une bataille, ce courtisanloyal ne respirait plus ; il était absolument horsde lui. La correspondance du héros et de sonadmirateur était aussi suivie que les circon-stances pouvaient le permettre. Us passèrentsouvent ensemble le temps des quartiers d’hi-ver. U fut même une époque où le roi n’eutpresque plus que d’Àrgens dans le sein de qui