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Tome cinquième.
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LE MARQUIS d’aRGENS. 5/j5

et lui n’eurent pour eux deux qu’une seulechambre à coucher, le président de l’académies’étant mis à genoux devant son lit pour dire sesprières du soir avant de se coucher, son compa-gnon, surpris, s’écria : «Maupertuis, que fai-» tes-vous ? — Mon ami, nous sommes seuls ! »Puisque j’ai replacé ici le nom de Mauper-tuis , je citerai une autre anecdote où il est en-core question de lui. Dans le temps que le mar-quis était le plus occupé de son Recueil surl'Esprit humain, je fus témoin d’une longuecontestation entre lui et ses amis, Sulzer, Mé-rian, de Beausobre et Le Catt, au sujet d’unarticle que le marquis avait placé dans son ou-vrage , et dont les autres académiciens deman-daient et obtinrent enfin la radiation. Je nepris point de part à cette discussion, parcequej’étais encore nouveau venu dans ce pays, etétranger aux personnes dont on parlait; maisj’étais intérieurement de l’avis de d’Argens,persuadé, comme lui, que la vraie philosophieproscrit les faux et misérables ménagementsqui inspiraient tant de zèle contre la publica-tion d’une anecdote peu honorable à feu leprésident de Maupertuis. Certainement l’hon-neur de la philosophie est très indépendant