SUR LA MODÉRATION. Z I
Et le front couronné , tout brillant d'étincelles,S’élance dans les airs en déployant ses ailes ?
Le sage du Faï (a) parmi ses plants divers,
Végétaux rassemblés des bouts de l'univers,
Me dira-t-il pourquoi la tendre sensitiveSe flétrit sous nos mains, honteuse 8e fugitive?
Pour découvrir un peu ce qui se passe en moiJe m'en vais consulter le médecin du roi :
Sans doute il en fait plus que ses doctes confrères.
Je veux savoir de lui par quels secrets mystères (b)Ce pain, cet aliment dans mon corps digéréSe transforme en un lait doucement préparé?Comment toujours filtré dans ses routes certaines, ( 2 )En longs ruisseaux de pourpre il court enfler mes veines,A mon corps languissant rend un pouvoir nouveau,Fait palpiter mon coeur , 8c penser mon cerveau ?
II lève au ciel les yeux,‘il s’incline, il s’écrie:Demandez-le à ce Dieu qui nous donna la vie.
Courriers de la physique, (c) Argonautes nouveaux,Qui franchissez les monts, qui traversez les eaux,Ramenez des climats soumis aux trois couronnesVos perches , vos secteurs, 8c surtout deux Laponnes : ( d )Vous avez confirmé dans ces lieux pleins d’ennuiCe que Newton connut fans sortir de chez lui.
Vous avez arpenté quelque faible partieDes flancs toujours glacés de la terre applatie.Dévoilez ces ressorts qui font la pesanteur.
Vous connaissez les lois qu’établit son auteur.
Parlez, enseignez-moi comment ses mains fécondesFont tourner tant de cieux, graviter tant de mondes:Pourquoi, vers le soleil notre globe entraînéSe meut autour de soi sur son axe incliné :