3 2 QUATRIEME DISCOURS.
Parcourant en douze ans les célestes demeures,
D’où vient que Jupiter a son jour de dix heures ?
Vous ne le savez point : votre savant compasMesure l'univers, 8c ne le connaît pas.
Je vous vois destiner, par un art infaillible,
Les dehors d’un palais à l'homme inaccessible ;
Les angles , les côtés font marqués par vos traits;
Le dedans à vos yeux est fermé pour jamais.Pourquoi donc m’affliger, si ma débile vueNe peut percer la nuit fur mes yeux répandue ? '
Je n’imiterai point ce malheureux savant,
Qui des feux de l’Etna scrutateur imprudent,Marchant sur des monceaux de bitume 8c de cendre ,Fut consumé du feu qu'il cherchait à comprendre.
Modérons-nous surtout dans notre ambition :
C’est du cœur des humains la grande passion, [e)L’empesé magistrat, le financier sauvage,
La prude aux yeux dévots, la coquette volage,
Vont en poste à Versaille essuyer des mépris,
Qu'ils reviennent soudain rendre en poste à Paris.
Les libres habitans des rives du PermesseOnt saisi quelquefois cette amorce traîtresse :
Platon va raisonner à la cour de Denis :
Racine janséniste est auprès de Louis.
L’auteur voluptueux qui célébra GlycèreProdigue au fils d’Octave un encens mercenaire.Moi-même renonçant à mes premiers desseins, (/)J’ai vécu, je l'avoue, avec des souverains.
Mon vaisseau fit naufrage aux mers de ces.Sirènes;Leur voix flatta mes sens , ma main porta leurs chaînes;On me dit, je vous aime, Sc je crus comme un sotQu'il était quelque idée attachée à ce mot.
J'y