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Tome douzieme.
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Le Pour

On me montre un tyran que nous devons haïr.

11 créa les humains à lui-même semblables,

Afin de les mieux avilir ;

11 nous donna des cœurs coupables,

Pour avoir droit de nous punir.

11 nous fit aimer le plaisir,

Pour nous mieux tourmenter par des maux effroyables,Qu’un miracle éternel empêche de finir.

11 venait de créer un homme à son image ,

On l’en voit soudain repentir,

Comme fi l'ouvrier n’avait pas dû sentirLes défauts de son propre ouvrage.

Aveugle en ses bienfaits, aveugle en son courroux,

A peine il nous fit naître, il va nous perdre tous.

II ordonne à la mer de submerger le monde ;

Ce monde qu'en six jours il forma du néant.Peut-être qu'o n verra fa sagesse profondeFaire un autre univers plus pur, plus innocent:

Non, il tire de la poussièreUne race d’affreux brigands,

D’esclaves fans honneur, 8c de cruels tyrans,

Plus méchante que la première.

Que fera-t-il enfin, quels foudres dévoransVont fur ces malheureux lancer ses mains sévères?Va-t-il dans le chaos plonger les élémens ?

Ecoutez, ô prodige ! ô tendresse ! ô mystères !

11 venait de noyer les pères ,

11 va mourir pour les enfans.

II est un peuple obscur, imbécile, volage,Amateur insensé des superstitions,

Vaincu par ses voisins, rampant dans l'esclavage,

Et l’éternel mépris des autres nations.