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POEME
Ce Dieu qui jusqu’au bout présidait à son sort,Quand il but sans pâlir la coupe de la mort.
Quoi ! cet esprit divin n’est-il que pour Socrate ?Tout mortel a le sien qui jamais ne le flatte.
Néron cinq ans entiers fut soumis à ses lois ;
Cinq ans des corrupteurs il repoussa la voix.Marc-Aurèle appuyé fur la philosophiePorta ce joug heureux tout le temps de fa vie.
Julien s’égarant dans fa religion,
Infidelle à la foi , fidelle à la raison,
Scandale de TEglise, Sc des rois le modèle,
Ne s’écarta jamais de la loi naturelle.
On insiste, on me dit : L’enfant dans son berceauN’est point illuminé par ce divin flambeau;
C’est l’éducation qui forme ses pensées ;
Par l’exemple d'autrui ses mœurs lui font tracées ;
II n’a rien dans l’esprit, il n’a rien dans le cœur;De ce qui l’environne il n’est qu’imitateur ;
II répète les noms de devoir, de justice;
II agit en machine; Sc c’est par fa nourriceQu’il est juif ou païen, fidelle ou musulman,
Vêtu d'un justaucorps, ou bien d’un doliman.
Oui, de l’exemple en nous je fais quel est l’empireII est des sentimens que Fhabitude inspire.
Le langage, la mode Sc les opinions,
Tous les dehors de l’ame, Sc ses préventions,
Dans nos faibles esprits font gravés par nos pères,Du cachet des mortels impressions légères.
Mais les premiers ressorts font faits d’une autre mainLeur pouvoir est constant, leur principe est divin.
II faut que Pensant croisse, afin qu’il les exerce;
II ne les connaît pas fous la main qui le berce.