152 le Temple du Goût.
ne l’écouta, 8c l'on s’empressait à la porte plus quejamais.
Parmi les flots de la foule insensée,
De ce parvis obstinément chastée,
Tout doucement venait la Motte Houdard,
Lequel disait d’un ton de papelard :
Ouvrez , Mejsieurs , cejl mon Oedipe en prose ; (g)
Mes vers Jont durs , d accord , mais forts de chose :
De grâce ouvrez ; je veux à Despréaux,
Contre les vers , dire avec goût deux mots.
La Critique le reconnut à la douceur de son main-tien 8c à la dureté de ses derniers vers , 8c elle lelai Isa quelque temps entre Perrault 8c Chapelain , quiassiégeaient la porte depuis cinquante ans, en criantcontre Virgile.
Dans le moment arriva un autre versificateur, (£)soutenu par deux petits satyres, 8c couvert de lau-riers 8c de chardons.
Je viens, dit-il, (io) pour rire 8: pour m’ébattre,Me rigolant, menant joyeux déduit ,
Et jusqu’au jour lésant le diable à quatre.
Qu’est-ce que j’entends-Jà ? dit la Critique. C’estmoi , reprit le rimeur. j arrive d’Allemagne pourvous voir, 8e j'ai pris la saison du printemps:
Car les jeunes zéphyrs de leurs chaudes haleinesOnt fondu l’écorce des eaux. (i i)