ìe Temple d u Goût. 157
II se plaisait à consulterCes grâces simples 8 : naïves,
Dont la France doit se vanter;
Ces grâces piquantes & vivesQue les nations attentivesVoulurent souvent imiter;
Qui de Fart ne sont point captives ;
Qui régnaient jadis à la cour,
Et que la nature 8 c F amourAvaient fait naître fur nos rives.
11 est toujours environnéDe leur troupe tendre 8 c légère ;
C’est par leurs mains qu’il est orné ,
C’est par leurs charmes qu’il fait plaire ;Elles-mêmes l'ont couronnéD un diadème qu’au ParnasseComposa jadis Apollon,
Du laurier du divin Maron ,
Du lierre 8 c du myrte d’Horace,
Et des roses d’Anacréon.
Sur son front règne la sagesse; (o)
Le sentiment 8 c la finesseBrillent tendrement dans ses yeux ;
Son air est vif, ingénieux:
11 vous ressemble enfin, Sylvie,
A vous que je ne nomme pas ,
De peur des cris 8 c des éclatsDe cent beautés que vos appasFont dessécher de jalousie.
Non loin de lui Rollin dictait (14)Quelques leçons à la jeunesse,
Et quoiqu’en robe, on l’écoutait ; (p)
Chose assez rare à son espèce.