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Tome douzieme.
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du Temple du Goût. j 93

U y a dans cette demeure bien des habitans qui, commelui, n’ont fait aucun ouvrage :

Qui sagement livrés aux douceurs du loifir,

Ont passé de leurs jours les momens délectablesA recevoir, à donner du plaisir.

De chanter 8c d écrire ils ont été capables;

Mais pour être en ce Temple, Sc pour y réussir,

Ou’ont-ils fait? ils étaient aimables.

C'est entre ces voluptueux 8c les artistes qu’on trouvele facile, le sage, F agréable la Faye: heureux qui pourrait,comme lui, passer les dernières années de fa vie , tantôtcomposant des vers aisés 8c pleins de grâce, tantôt écoutantceux des autres fans envie 8c fans mépris ; ouvrant soncabinet à tous les arts, 8c fa maison aux seuls hommes debonne compagnie ! Combien de particuliers dans Parispourraient lui ressembler dans F usage de leur fortune !mais le goût leur manque, ils jouissent insipidement, ilsne savent qu’être riches.

Devant le Dieu est un grand autel, où les Musesviennent présenter tour à tour des livres , des desseins ,8c des ornemens de toute espèce : on y voyait tous lesopéra de Lulli , 8c plusieurs opéra de Dejlouches 8c deCampra. Le Dieu eût désiré quelquefois, dans Dejlouches ,une musique plus forte ; souvent, dans Campra , un réci-tatif mieux déclamé ; 8c de temps en temps, dans Lulli,quelques airs moins froids. Tantôt les Muses, tantôt lesFélijfiers 8c les le Mores chantent ces opéra charmans. LeTemple résonne de leurs voix touchantes ; tout ce qui estdans ces beaux lieux applaudit par un léger murmure ,plus flatteur que ne le seraient les acclamations emportéesdu peuple. Les mauvais auteurs 8c leurs amis prêtentForeille autour du Temple, entendent à peine quelquessons 8c sifflent pour se venger.

Le dessein de Versailles se trouve à la vérité sur Fautel:mais il est accompagné d’un arrêt du Dieu , qui ordonnePoèmes. N