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Tome douzieme.
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Le Temple

06

Les yeux baiílés, va chez le cardinal (*)

De jansénisme accuser son confrère.

Gais 8c brillans, après un long repas,

Deux jeunes gens se tenant sous les bras,

Lisant tout haut des lettres de leurs belles,D’un air galant leur ligure étalaient,

Et détonnant quelques chansons nouvelles ,Ainsi qu’au bal à l'autel ils allaient.

Nos étourdis pour rien s’y querellèrent,

De l'Amitié l'autel ensanglantèrent :

Et le moins fou laissa, tout éperdu,

Son tendre ami fur la place étendu.

Plus loin venaient, d’un air de complaisance,Lise 8c Chloé, qui dès leur tendre enfanceSe confiaient leurs plaisirs, leurs humeurs,

Et tous ces riens qui remplissent leurs cœurs,Se caressant, se parlant sans rien dire,

Et fans sujet toujours prêtes à rire.

Mais toutes deux avaient le même amant :

A son nom seul, ô merveille soudaine !

Lise 8c Chloé prirent tout doucementLe grand chemin du Temple de la Haine, (dj

Enfin Zaïre y parut à son tour,

Avec ces yeux où languit la mollesse,

Où le plaisir brille avec la tendresse.

Ah! que d’ennui, dit-elle, en ce séjour!

Que fait ici cette triste déesse ?

Tout y languit: je n’y vois point l’Amour.

{* ) X-e cardinal de Fleuri.