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Tome douzieme.
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212 Sur les evenemens

Mais tandis que fous lui les Alpes s’applanissent,Que fur les flots voisins les Anglais en frémissent,Vers les bords de l'Escaut Louis fait tout trembler;Le Batave s’arrête, 8c craint de le troubler.

Ministres, généraux, suivent d'un même zèle,-Du conseil aux dangers, leur prince 8c leur modèle.L’ombre du grand Condé, l’ombre du grand Louis ,Dans les champs de la Flandre ont reconnu leurs fils ;L’envie alors fe tait, la médisance admire.

Zoïle, un jour du moins, renonce à la satire;

Et le vieux nouvelliste, une canne à la main,

Trace au palais royal Ypre, Fume 8c Menin.

Ainsi lorsqu’à Paris la tendre MelpomèneDe quelque ouvrage heureux vient embellir la scène,En dépit des sifflets de cent auteurs malins ,

Le spectateur sensible applaudit des deux mains:Ainsi, malgré Bussi, ses chansons 8c fa haine ,

Nos aïeux admiraient Luxembourg 8c Turenne.

Le Français quelquefois est léger 8c moqueur ;

Mais toujours le mérite eut des droits fur son cœur; [à)Son œil perçant 8c juste est prompt à le connaître ;

11 l’aime en son égal, il F adore en son maître.

La vertu sur le trône est dans son plus beau jour,

Et l’exemple du monde en est aussi l’amour.

Nous l’avons bien prouvé, quand la fièvre fatale,A l’œil creux, au teint sombre, à la marche inégale,De ses tremblantes mains, ministres du trépas ,

Vint attaquer Louis au sortir des combats:

Jadis Germanicus fit verser moins de larmes:L’univers éploré ressentit moins d’alarmes,