DE L’ A N N É E 1 7 4 4- 213
Et goûta moins l'excès de fa félicité,
Lorfqu’Antonin mourant reparut en santé.
Dans nos emportemens de douleur 8c de joie,
Le cœur seul a parlé, l’amour seul fe déploie.
Paris n’a jamais vu de transports si divers,
Tant de feux d’artifice, 8c tant de mauvais vers. ( b )
Autrefois, ô grand Roi, les filles de mémoire,Chantant au pied du trône, en égalaient la gloire.Que nous dégénérons de ce temps si chéri !
L’éclat du trône augmente, 8c le nôtre est flétri.
O ma prose 8c mes vers, gardez-vous de paraître ;
II est dur d’ennuyer son héros 8c son maître:Cependant nous avons la noble vanitéDe mener les héros à Timmortalité.
Nous nous trompons beaucoup ; un roi juste 8c qu’on aimeVa fans nous à la gloire, 8e doit tout à lui-même.Chaque âge le bénit ; le vieillard expirantDe ce prince, à son fils, fait l’éloge en pleurant;
Le fils , éternisant des images si chères,
Raconte à ses neveux le bonheur de leurs pères ;
Et ce nom, dont la terre aime à s’entretenir,
Est porté par l'amour aux siècles à venir.
Si pourtant, ô grand Roi, quelqu’esprit moins vulgaire,Des vœux de tout un peuple interprète sincère,S’élevant jusqu'à vous par le grand art des vers,Osait, fans vous flatter, vous peindre à l’univers ,Peut-être on vous verrait, séduit par l’harmonie,Pardonner à l'éloge en faveur du génie:
Peut-être d’un regard le Parnasse excité,
De son lustre terni reprendrait la beauté. ( c )
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