VOYAGEA BERLIN.
A MADAME DENIS.
A Clèves, juillet 1750.
C’est à vous, s’il vous plaît, ma nièce,Vous, femme d’esprit sans travers,
Philosophe de mon espèce ,
Vous qui, comme moi , du PermeíTeConnaissez les sentiers divers ;
C’est à vous qu’en courant j’adresseCe fatras de prose 8c de vers,
Ce récit de mon long voyage ;
Non tel que j’en fis autrefois,
Quand dans la fleur de mon bel âgeD’Apollon je suivais les lois ;
Quand j’osai, trop hardi peut-être,
Aller consulter à Paris ,
En dépit de nos beaux esprits,
Le Dieu du Goût mon premier maître.
Ce voyage-ci n’est que trop vrai, 8c ne m’éloigneque trop de vous. N’allez pas vous imaginer que jeveuille égaler Chapelle qui s’estfait, je ne fais comment,tant de réputation pour avoir été de Paris à Mont-pellier & en terre papale , 8c en avoir renducompte à tyi gourmand.
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