DE L E C C L É S I A S T E. 2 63
Le sage 8c l’imprudent, 8c le faible 8c le fort,Tous sont précipités dans les mêmes abymes ;
Le cœur juste 8c fans fiel, le cœur pétri de crimes,Tous font également les vains jouets du fort.
Le même champ nourrit la brebis innocente,
Et le tigre odieux qui déchire son flanc :
Le tombeau réunit la race bienfefante ,
Et les brigands cruels, enivrés de son sang.
En vain par vos travaux vous courez à la gloire,Vous mourez : c'en est fait, tout sentiment s’éteint ;Vous n’êtes ni chéri, ni respecté, ni plaint;
La mort ensevelit jusqu’à votre mémoire.
Que la vie a peu d’appas!
Cependant on la désire.
TEXTE.
Le juste périt dans fa justice , Sc le méchant vit long-temps
dans fa malice.Tout arrive également au juste 8c à 1 injuste,
au pur 8c à l’impur , à celui qui offre des sacrifices , 8c à celuiqui 11 ’en offre pas. Le parjure est traité comme l'homme ami de la
vérité. Les vivans savent qu’ils doivent mourir; mais les
morts ne connaissent plus rien , il ne leur reste plus de récompense.L amour, la haine , 1 envie périssent avec eux.
Qu’un homme ait eu cent enfans , qu'il ait vécu long-temps,8c qu il n ait pas joui de ses richesses, je prononce qu’un avortonvaut mieux que lui : c’est en vain qu'il est né ; il va dans les
ténèbres , 8: son nom dans l’oubli.Et j’ai préféré l’état des
morts à celui des vivans ; Sc j’ai estimé plus heureux celui quin est pas né encore , Sc qui n’a point vu les maux qui font fousle soleil.Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort.
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