Band 
Tome douzieme.
JPEG-Download
 

LETTRE

DU TRADUCTEUR DU CANTIQUE.

J a p p r e n d s avec mépris que le Précis du Cantiquedes Cantiques a encouru la censure de quelques ignoransqui font les entendus. Ces pauvres gens ont jugé unouvrage hébreu , qui a environ trois mille ans d'an-tiquité , comme ils jugeraient un bouquet à Iris , ouune jouissance de l’abbé Têtu , ou une chanson del'abbé de l'Atlaignant , imprimée dans le Mercuregalant. Ils ne connaissent que nos petits amours deruelle , ce qu’on appelle des conquêtes; ils ne peuventsc faire une idée des temps héroïques ou patriarchaux ;ils s’imaginent que la nature a été au fond de l’Asiece qu’elle est dans la paroisse de S 1 André des arts oudes arcs , 8c dans la cour du palais.

II faut apprendre à ces pédans petits-maîtres qu’ily a toujours eu une grande différence entre lesmœurs des Asiatiques qui n’ont jamais changé , 8ccelles des badauts de Paris qui changent tous les jours. 'Ils doivent fe mettre dans la tête que la princesseKauficaa , fille du roi Alcinous , 8c l’épouse du Cantiquedes Cantiques, 8c la naïve parente de Booz, 8c Lia 8c Rachcln’ont rien de commun avec la femme ou la fille d’unmarguillier.

Les chastes amours , la propagation de l’efpècehumaine ne lésaient point rougir ; on ne célébraitpoint l’adultère cn chansons ; on ne mettait point furun théâtre d’opéra les amours les plus lascifs , avecl’approbation d’un censeur , 8c la permission du lieu-tenant de police de Jérusalem.

Si