290 AVERTISSEMENT
D’ailleurs ce poème n’a d’autre objet qiiede prêcher la concorde aux deux partis ; 8c ce quiprouve que M. de Voltaire avait raison, c’eíl quebientôt après la lassitude des troubles amenaune espèce de paix.
L’histoire de Robert Covelle est très-vraie. Lesprêtres genevois avaient l’infolence d’appeler àleur tribunal les citoyens 8c citoyennes accusésdu crime de fornication , 8c les obligeaient derecevoir leur sentence à genoux : c’était rendre unservice important à la république que de tournercette extravagance en ridicule. M. Roìifseau esttraité dans ce poème avec trop de dureté, fansdoute ; mais M. Roujseau accusait publiquementM. de Voltaire d’être un athée , le dénonçaitcomme Fauteur d’ouvrages irréligieux auxquelsM. de Voltaire n’avait pas mis son nom, cherchaità attirer la persécution sur lui , 8c mettait enmême temps à la tête de ses persécuteurs cevieillar d dont la vie avait été une guerre conti-nuelle contre les fauteurs de la persécution , 8cqui dans ce temps-là même prenait contre lesprêtres le parti de J. J.
M. de Voltaire vivait dans un pays où des loisbarbares, établies contre la liberté de penserdans les siècles d’ignorance, n étaient pas encoreabolies. De telles accusations étaient donc unvéritable crime, 8c elles doivent paraître plus