DE GENEVE.
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Chacun embrasse 8c Robert 8c Catin :
Et dans leur zèle ils tiennent pour des traîtresLes prédicans qui de leurs droits jalouxDans la cité voudraient faire les maîtres,Juger l'amour, 8c parler de genoux.
Ami lecteur , il est dans cette villeDe magistrats un sénat peu commun,
Et peu connu. Deux fois douze, plus un,Font le complet de cette troupe habile.
Ces sénateurs , de leur place ennuyés,
Vivent d’honneur, 8c font fort mal payés.
On ne volt point une pompe orgueilleuseEnvironner leur marche fastueuse;
Ils vont à pied comme les Manlius,
Les Curius 8c les Cincinnatus.
Pour tout éclat une énorme perruqueD’un long boudin cache leur vieille nuque,Couvre l’épaule 8c retombe en anneaux;
Cette crinière a deux pendans égaux,
De la justice emblème respectable.
Leur col est roide ; 8c leur front vénérableN’a jamais su pencher d’aucun côté,
Signe d'esprit, 8c preuve d’équité.
Les deux partis devant eux se présentent,Plaident leur cause , insistent, argumentent :De leurs clameurs le tribunal mugit ;
Et plus on parle, 8c moins on s'éclaircit.
L’un se prévaut de la sainte écriture;
L’autre en appelle aux lois de la nature ;
Et tous les deux décochent quelque injure,Pour appuyer le droit 8c la raison.
Dans le sénat il était un Caton;
Poèmes. V