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Tome douzieme.
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DE GENEVE.

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Chacun embrasse 8c Robert 8c Catin :

Et dans leur zèle ils tiennent pour des traîtresLes prédicans qui de leurs droits jalouxDans la cité voudraient faire les maîtres,Juger l'amour, 8c parler de genoux.

Ami lecteur , il est dans cette villeDe magistrats un sénat peu commun,

Et peu connu. Deux fois douze, plus un,Font le complet de cette troupe habile.

Ces sénateurs , de leur place ennuyés,

Vivent d’honneur, 8c font fort mal payés.

On ne volt point une pompe orgueilleuseEnvironner leur marche fastueuse;

Ils vont à pied comme les Manlius,

Les Curius 8c les Cincinnatus.

Pour tout éclat une énorme perruqueD’un long boudin cache leur vieille nuque,Couvre l’épaule 8c retombe en anneaux;

Cette crinière a deux pendans égaux,

De la justice emblème respectable.

Leur col est roide ; 8c leur front vénérableN’a jamais su pencher d’aucun côté,

Signe d'esprit, 8c preuve d’équité.

Les deux partis devant eux se présentent,Plaident leur cause , insistent, argumentent :De leurs clameurs le tribunal mugit ;

Et plus on parle, 8c moins on s'éclaircit.

L’un se prévaut de la sainte écriture;

L’autre en appelle aux lois de la nature ;

Et tous les deux décochent quelque injure,Pour appuyer le droit 8c la raison.

Dans le sénat il était un Caton;

Poèmes. V