Epilogue.
347
à traiter ainsi les brouillons Sc les ingrats , Sc à écraserles serpens de la littérature , de la même main dontil a élevé des trophées à Henri IV, à Louis XIV Sc àla vérité dans tous ses ouvrages. Nous avons besoind’un vengeur : il est juste que celui qui a vécu avecla petite-fille de Corneille extermine les descendansdes Claveret , des Scudéri Sc des d ’Aubignac.
Les lois ne peuvent pas punir un calomniateurlittéraire, encore moins un charlatan déclamateurqui se contredit à chaque page ; un romancier quicroit éclipser Télémaque en élevant un jeune seigneurpour en faire un menuisier, 8c qui croit surpassermadame de la Fayette en fêlant donner des baisersacres par une suissesse à un précepteur suisse.
II n’y a pas moyen de condamner à l’amende-honorable ceux qui, ayant devant les yeux les grandsmodèles du siècle de Louis XIV, défigurent la languefrançaise par un style barbare ou ampoulé, ou entor-tillé ; ceux qui parlent poétiquement de physique ;ceux qui dans les choses les plus communes prodiguentles expressions les plus violentes ; ceux qui, ayant faitronfler au théâtre des vers qu’on ne peut lire, nemanquent pas de faire dire dans les journaux qu’ilsfont supérieurs à l’inimitable Racine ; ceux qui secroient des Tite-Live pour avoir copié des dates ; ceuxqui écrivent l’histoire avec le style familier de laconversation , ou qui font des phrases au lieu de nousapprendre des faits ; ceux qui, inconnus au barreau,publient les recueils de leurs plaidoyers inconnus aupublic ; ceux qui soutiennent une cause respectablepar d’absurdes- argumens , 8c qui ont la bêtise derapporter les objections les plus accablantes pour y