APOLOGIE
DE LA FABLE.
Savante antiquité, beauté toujours nouvelle,Monumens du génie, heureuses fictions,Environnez-moi des rayonsDe votre lumière immortelle ;
Vous savez animer l’air, la terre, Sc les mers ;
Vous embellissez l’univers.
Cet arbre à tête longue, aux rameaux toujours verds ,C’est Atys aimé de Cybèle :
La précoce Hyacinthe est le tendre mignonQue fur ces prés fleuris caressait Apollon.
Flore avec le Zéphyre a peint ces jeunes rosesDe l’éclat de leur vermillon.
Des baisers de Pomone on voit dans ce vallonLes fleurs de mes pêchers nouvellement écloses.
Ces montagnes , ces bois, qui bordent l’horizonSont couverts de métamorphoses.
Ce cerf aux pieds légers est le jeune Actéon :
Du chantre de la nuit j’entends la voix touchante ;C’est la fille de Pandion,
C’est Philomèle gémissante.
Si le soleil se couche , il dort avec Thétis :
Si je vois de Vénus la planète brillante,
C’est Vénus que je vois dans les bras d’Adonis.
Ce pôle me présente Andromède 8c Perlée;
Leurs amours immortels échauffent de leurs feuxLes éternels frimats de la zone glacée.
Tout l’Olympe est peuplé de héros amoureux.
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