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Tome douzieme.
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392 Apologie de la fable.

Admirables tableaux ! séduisante magie !

Qu’Hésiode me plaît dans fa théologie ,

Quand il me peint l’Amour débrouillant le chaos ,S’élançant dans les airs 8c planant ftir les flots !Vantez-nous maintenant, bienheureux légendaires,

Le porc de saint Antoine 8c le chien de saint Roch,Vos reliques, vos scapulaires,

Et la guimpe d’Ursule, 8c la crasse du froc;

Mettez la Fleur des saints à côté d’un Homère :

II ment, mais en grand-homme ; il ment, mais il fait plaire;Sottement vous avez menti.

Par lui l’esprit humain s’éclaire;

Et si l’on vous croyait, il serait abruti.

On chérira toujours les erreurs de la Grèce ;

Toujours Ovide charmera.

Si nos peuples nouveaux font chrétiens à la messe,Ils font païens à l’opéra.

L’almanach est païen ; nous comptons nos journéesPar le seul nom des dieux que Rome avait connus;C’est Mars 8c Jupiter , c’est Saturne Sc Vénus ,

Qui président au temps, qui font nos destinées:

Ce mélange est impur, on a tort; mais enfinNous ressemblons assez à l’abbé Pellégrin,

Le matin catholique , ir le soir idolâtre ,

Déjeunant de F autel, & soupant du théâtre.

FIN.