SUR O E D I P E.
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la littérature , Sc sur tout à la poésie, d’être exposéà être accusé sans cesse de toutes les sottises qui
public. II m’en a cité cent exemples ; il m'a donné les meilleures raisons dumonde pour me détourner de faire des vers. Que lui ai-je répondu P Des vers.
Je me fuis donc apperçu de bonne heure , qu’on ne peut ni résister à songoût dominant, ni vaincre sa destinée. Pourquoi la nature force-t-elle unhomme à calculer , celui-ci à faire rimer des syllabes, cet autre à formerdes croches 8: des rondes fur des lignes parallèles ?
Scit Genius , natale cornes qui tempérât afirum.
Mais on prétend que tous peuvent dire :
Ploravêre fuis non rejpondere JavoremSperatum mentis .
Boileau disait à Racine :
5 ? Cesse de t'étonner si l’envie animée ,
95 Attachant à ton nom sa rouilífe envenimée ,
5 5 La calomnie en main quelquefois te poursuit. 5 5
Scudèri 8: l’abbé d'Aubignac calomniaient Corneille : Montjleuri 8c toute satroupe calomniaient Molière : Térence se plaint dans ses prologues d’êtrecalomnié par un vieux poète : Arijlophane calomnia Socrate : Homère futcalomnié par Margites. C’est-là l’histoire de tous les arts 8c de toutes lesprofessions.
Vous savez comment AI. le Régent a daigné me consoler de ces petitespersécutions ; vous savez quel beau présent il m’a fait. Je ne dirai pascomme Chapelain disait de Louis XIII.
5 5 Les trois fois mille francs qu’il met dans ma famille5 5 Témoignent mon mérite , 8c font connaître assez55 Qu’il ne hait pas mes vers, pour être un peu forcés. 55
Charité , Chapelain 8c moi , nous avons été tous trois trop bien payéspour de mauvais vers.
Retulit acceptos , régalé numifma , Philippos .
Le Régent qui s’appelle Philippe , rend la comparaison parfaite. Nenous enorgueillissons ni des méchancetés de nos ennemis, ni des bontésde nos protecteurs ; on peut être avec tout cela un homme très-médiocre :on peut être récompensé 8c envié fans aucun mérite.