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Tome premier.
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sur Oedipe.

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M. le Régent a daigné m'honorer ; cette bonté pourraitn'être qu’une marque de sa clémence : il est au nombredes princes qui, par des bienfaits , savent lier à leurdevoir ceux même qui s’en font écartés. Une preuveplus sûre de mon innocence , c’est qu’il a daigné direque je n’étais point coupable , & qu’il a reconnula calomnie lorsque le temps a permis qu’il pût ladécouvrir.

Je ne regarde point non plus cette grâce que Ms rle Duc £ Orléans m’a faite , comme une récompensede mon travail, qui ne méritait tout au plus queson indulgence ; il a moins voulu me récompenserque m’engager à mériter sa protection.

Sans parler de moi, c’est un grand bonheur poul-ies lettres , que nous vivions fous un prince quiaime les beaux-arts autant qu’il hait la flatterie ;8c dont on peut obtenir la protection plutôt par debons ouvrages que par des louanges, pour lesquellesil a un dégoût peu ordinaire dans ceux qui , parleur naissance & par leur rang, font exposés à êtreloués toute leur vie.

LETTRE II.

IVÍonsïeur, avant que de vous faire lire matragédie, souffrez que je vous prévienne fur le succèsqu elle a eu : non pas pour m’en applaudir , maispour vous assurer combien je m’en défie.

Je fais que les premiers applaudissemens du publicne font pas toujours de sûrs garants de la bonté d’unHuvrage. Souvent un auteur doit le succès de faThéâtre. Tom. I. B