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Tome premier.
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Lettres

pièce ou à l’art des acteurs qui la jouent, ou à ladécision de quelques amis accrédités dans le mondequi entraînent pour un temps les suffrages de lamultitude ; 8c le public est étonné quelques moisaprès , de s’ennuyer à la lecture du même ouvragequi lui arrachait des larmes à la représentation.

Je me garderai donc bien de me prévaloir d’unsuccès peut-être passager, 8c dont les comédiens ontplus à s’applaudir que moi-même.

On ne voit que trop d’auteurs dramatiques quiimpriment, à la tête de leurs ouvrages , des préfacespleines de vanité ; qui comptent les princes ò lesprincesses qui Jont venus pleurer aux représentations; quine donnent £autres réponses à leurs censeurs que l'appro-bation du public ; 8c qui enfin, après s’être placés àcôté de Corneille 8c de Racine , se trouvent confondusdans la foule des mauvais auteurs, dont ils font lesseuls qui s’exceptent.

J’éviterai du moins ce ridicule : je vous parleraide ma pièce , plus pour avouer mes défauts quepour les excuser : mais aussi je traiterai Sophocle 8cCorneille avec autant de liberté, que je me traiteraimoi-même avec justice.

J’examinerai les trois Oedipes avec une égaleexactitude. Le respect que j’ai pour l'antiquité dcSophocle 8c pour le mérite de Corneille , ne m’aveu-glera pas fur leurs défauts ; l’amour-propre nem’em-pêchera pas non plus de trouver les miens. Aureste , ne regardez point ces dissertations comme lesdécisions d’un critique orgueilleux , mais comme lezdoutes d’un jeune homme qui cherche à s’éclairer.