Lettres
44
bannir 8c retourner à Corinthe ; 8c cependant ilenvoie chercher Thésée 8c Dircé,
Pour lire dans leur ame
S’ils prêteraient la main à quelque sourde trame.
Et que lui importent les sourdes trames de Dircé,8c les prétentions de cette princesse fur une couronneà laquelle il renonce pour jamais ?
Enfin, il me paraît qu 'Oedipe apprend avec tropde froideur son affreuse aventure. Je fais qu’il n’estpoint coupable 8c que fa vertu peut le consoler d’uncrime involontaire. Mais s’il a assez de fermeté dansl’efprit pour sentir qu’il n’est que malheureux, doit-ilse punir de son malheur ? Et s’il est assez furieux 8cassez désespéré pour se crever les yeux , ' doit-il êtreassez froid pour dire à Dircé dans un moment siterrible :
Votre frère est connu, le savez-vous , Madame ?
Votre amour pour Thésée est dans un plein repos.
Aux crimes, malgré moi, l’ordre du ciel m’attache ;
Pour m’y faire tomber , à moi-même il me cache ;
II offre, en m’aveuglant fur ce qu’il a prédit,
Mon père à mon épée 8c ma mère à mon lit.
Hélas ! qu’il est bien vrai qu’en vain on s’imagine
Dérober notre vie à ce qu’il nous destine !
Les foins de l’éviter font courir au- devant,
Et l'adreffe à le fuir y plonge plus avant.
Doit-il rester fur le théâtre à débiter plus dequatre - vingt vers avec Dircé 8c avec Thésée qui est
n