sur Oedipe.
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un étranger pour lui, tandis que JocaJle , fa femme8c fa mère, ne fait encore rien de son aventure, &ne paraît pas fur la scène?
Voilà à-peu-près les principaux défauts quej’aicru appercevoirdans l’Oedipede Corneille.]e. m’abusepeut-être: mais je parle de ses fautes avec la mêmesincérité que j admire les beautés qui y font répan-dues ; 8c quoique les beaux morceaux de cette pièceme paraissent très-inférieurs aux grands traits de sesautres tragédies , je désespère pourtant de les égalerjamais ; car ce grand homme est toujours au-dessusdes autres, lors même qu il n’est pas entièrement égalà lui-même.
Je ne parle point de la versification ; on fait qu'iln’a jamais fait de vers si faibles .8c fi indignes de latragédie. En effet , Corneille ne connaissait guèrela médiocrité, 8c il tombait dans le bas avec lamême facilité qu’il s’élevait au sublime.
J’espère que vous me pardonnerez , Monsieur, latémérité avec laquelle je parle ; si pourtant c’enest une de trouver mauvais ce qui est mauvais ,8c de respecter le nom de hauteur sans en êtrel’efclave.
Et quelles fautes voudrait-on que l’on relevât ?Serait-ce celles des auteurs médiocres , dont on ignoretout jufqu’aux défauts ? C’est fur les imperfectionsdes grands hommes qu’il faut attacher fa critique ;car si le préjugé nous fefait admirer leurs fautes ,bientôt nous les imiterions 8c il fe trouverait peut-être que nous n’aurions pris de ces célébrés écrivainsque l’exemple de mal faire.