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Tome premier.
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57
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sur Oedipe. 57

rappelassent l’idée que le peuple avait de l’originede la tragédie. Long-temps même le poème drama-tique ne fut qu’un simple chœur ; les personnagesqu’on y ajouta ne furent regardés que commedes épisodes : 8c il y a encore aujourd’hui desfavans qui ont le courage d’assurer que nous n’avonsaucune idée de la véritable tragédie , depuis quenous en avons banni les chœurs. C’est comme si,dans une même pièce, on voulait que nous missionsParis , Londres 8c Madrid fur le théâtre , parce quenos pères en usaient ainsi lorsque la comédie sutétablie en France.

M. Racine qui a introduit des chœurs dans Athalie8c dans Esther , s’y est pris avec plus de précautionque les Grecs ; il ne les a guère fait paraître quedans les entr’actes ; encore a-t-il eu bien de la peineà le faire avec la vraisemblance qu'exige toujoursl’art du théâtre.

A quel propos faire chanter une troupe de juives ,loríqu Ejther a raconté ses aventures à Elise ? II fautnécessairement, pour amener cette musique, qu 'Fjlherleur ordonne de lui chanter quelque air.

Mgs filles, chantez-nous quelqu’un de ces cantiques....

Je ne parle pas du bizarre assortiment du chant8c de la déclamation dans une même scène : maisdu moins il faut avouer que des moralités misesen musique doivent paraître bien froides , après cesdialogues pleins de passion qui font le caractère dela tragédie. Un chœur serait bien mal venu aprèsla déclaration de Phèdre , ou après la conversationde Sévère 8c de Pauline.