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Tome premier.
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56
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56 Lettres

Comme on croît d’ordinaire que la route qu’on atenue était la seule qu’on devait prendre , je m’ima-gine que la manière dont j’ai hasardé les choeurs estla feule qui pouvait réussir parmi nous.

Chez les anciens , le chœur remplissait l’intervalledes actes 8c paraissait toujours fur la scène. II yavait à cela plus d’un inconvénient ; car ou il parlaitdans les entr’actes de ce qui s’était passé dans lesactes précédens , 8c c’était une répétition fatigante ;ou il prévenait de ce qui devait arriver dans les actessuivans , 8c c’était une annonce qui pouvait déroberle plaisir de la surprise ; ou enfin il était étrangerau sujet , 8c par conséquent il devait ennuyer.

La présence continuelle du chœur dans la tragédieme paraît encore plus impraticable. L intrigue d’unepièce intéressante exige d’ordinaire que les principauxacteurs aient des secrets à se confier. Eh ! le moyende dire son secret à tout un peuple ? C’est unechose plaisante de voir Phèdre , dans Euripide, avouerà une troupe de femmes un amour incestueux qu’elledoit craindre de s’avouer à elle-même. On deman-dera peut-être comment les anciens pouvaientconserver si scrupuleusement un usage si sujet auridicule ; c’est qu’ils étaient persuadés que le chœurétait la base 8c le fondement de la tragédie. Voilàbien les hommes , qui prennent presque toujoursl’origine d’une chose pour 1 essence de la chosemême. Les anciens savaient que ce spectacle avaitcommencé par une troupe de paysans ivres quichantaient les louanges de Bacchus , 8c ils voulaientque le théâtre fût toujours rempli dune trouped’acteurs , qui, en chantant les louanges des dieux ,